Note d’intention de création :
« Ce court métrage, Brique par brique, est un court récit centré sur la mémoire, l’héritage et l’identité. À travers le regard d’une enfant, le film cherche à raconter une histoire et une identité, celle d’une enfant née en France mais profondément liée à un pays d’origine transmis par sa famille.
Le montage est très important dans cette réalisation, il propose ici une mise en scène sensible, construite autour d’un contraste entre lumière et mouvement.
Le projet repose sur un point de vue très intime. Le choix d’ouvrir le film par un gros taille sur l’enfant permet d’installer une proximité avec le spectateur.
Cette première partie du film doit donner une impression de légèreté. Le spectateur découvre une enfance ordinaire dans laquelle Eliz dit avec simplicité aimer la France et cette déclaration est importante car elle permet de nous montrer la cohabitation et la coexistence entre les deux identités, des origines et du pays habité.
La rupture intervient dans la deuxième séquence. Valise fermée, photos d’archives arrachées, sons de cris étouffés. Ici, la mise en scène ne cherche pas à expliquer historiquement une situation, mais à faire ressentir une mémoire du départ. Ce choix permet de conserver le regard de l’enfant, qui ne comprend pas tout mais ressent profondément les émotions des adultes.
L’utilisation des voix over est essentielle dans cette construction. La parole de l’enfant apporte une sincérité alors que celle des adultes laisse entendre un passé plus lourd et difficile à transmettre.
La quatrième séquence ouvre le film vers quelque chose de plus universel. La phrase « On ne part jamais vraiment d’un pays » devient alors le thème du film. Ici le pays n’existe plus seulement comme un lieu mais comme une présence.
Le dernier plan, centré sur les mains manipulant une photo, symbolise la paix dans ce récit.
À travers une mise en scène minimaliste mais sensible, ce projet cherche à parler de mémoire et de transmission sans passer par un discours explicatif. »